Savon de Marseille : les 72 % décryptés

« 72 % d’huile » : la mention figure sur presque tous les cubes verts et blancs. Elle désigne un procédé réel, mais elle n’est pas une appellation protégée — n’importe qui peut l’estamper. Voici ce qu’elle signifie vraiment, et comment vérifier ce qu’on achète.
Ce que veut dire 72 %
Le chiffre correspond à la proportion d’acides gras dans le savon fini, obtenue par la cuisson en chaudron selon le procédé marseillais. Le reste, ce sont l’eau et la soude résiduelle. C’est un savon dur, économe à l’usage, qui mousse peu mais lave beaucoup.
Les deux couleurs
Le cube vert est cuit à l’huile d’olive : traditionnellement destiné au linge et au ménage, il convient aussi à la peau. Le cube blanc est fabriqué à partir d’huiles végétales — coprah, palmiste — plus douces et plus moussantes, historiquement réservées à la toilette.
Lire la composition
- Une liste courte : sodium olivate, aqua, sodium chloride, sodium hydroxide. Rien d’autre.
- Pas de sodium tallowate si vous cherchez un savon sans graisse animale.
- Pas de parfum, pas de colorant, pas d’EDTA dans un vrai 72 %.
- Une estampille frappée dans la masse sur les six faces, pas une simple étiquette collée.
Le faire durer
Le savon de Marseille craint l’eau stagnante. Un porte-savon drainant, à l’écart du jet de douche, double facilement sa durée de vie. Un cube laissé sécher plusieurs mois durcit encore et s’use moins vite. Pour le linge, on râpe le savon en copeaux qu’on dissout à l’eau chaude — trois cuillères suffisent pour une machine.
À retenir
72 % n’est pas un label : c’est la composition qui fait foi. Liste d’ingrédients courte, estampille en creux, cuisson au chaudron annoncée. Le reste — parfum, forme, emballage — relève du confort, pas de la qualité.