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Créer sa marque française : les étapes du dépôt à l’INPI

14 octobre 2026 · Marques
Créer sa marque française : les étapes du dépôt à l’INPI

Créer une marque française ne consiste pas seulement à trouver un nom séduisant. Le dépôt de marque à l’INPI définit les produits et services protégés, ainsi que les moyens de défendre cette identité.

Une vérification menée avant le lancement évite de refaire un logo, des emballages ou un site déjà financés. Pour avancer avec méthode, il faut d’abord cerner les décisions qui engagent durablement l’entreprise.

A retenir :

  • Recherche d’antériorité avant toute communication publique
  • Classes adaptées aux produits et services réellement visés
  • Titulaire choisi en cohérence avec la structure exploitante
  • Suivi des notifications, oppositions et échéances après dépôt

Préparer un dépôt de marque solide auprès de l’INPI

Ces choix initiaux déterminent la valeur pratique du titre obtenu. Une marque distinctive et disponible protège mieux l’activité qu’un nom choisi dans l’urgence.

Évaluer le signe et rechercher les droits antérieurs

La première étape consiste à vérifier que le signe peut distinguer les produits ou services concernés. Un terme courant qui décrit directement une activité risque de manquer de caractère distinctif.

Selon l’INPI, le déposant doit également rechercher les droits antérieurs, car l’examen administratif ne remplace pas cette vérification. La recherche d’antériorité porte sur les marques proches, mais aussi sur les dénominations sociales et certains noms commerciaux.

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Pour une entreprise fictive appelée « Atelier Lune », une recherche ne devrait pas se limiter au nom exactement identique. Il faut aussi examiner les ressemblances visuelles, sonores et conceptuelles, puis apprécier les secteurs d’activité concernés.

Les vérifications utiles avant de retenir un nom :

  • Recherche à l’identique dans les bases de marques disponibles
  • Recherche de signes proches à l’écrit et à l’oral
  • Vérification des dénominations sociales et noms commerciaux
  • Contrôle des noms de domaine liés à l’activité envisagée

Définir le titulaire et la forme de la marque

Le titulaire doit correspondre à la personne ou à la société qui exploitera réellement la marque. Si un fondateur dépose en son nom avant la création de l’entreprise, une cession écrite pourra ensuite formaliser le transfert.

La marque verbale protège le nom indépendamment de sa présentation graphique. Un dépôt figuratif vise surtout le visuel présenté, tandis qu’une marque semi-figurative associe généralement un nom et un logo.

Pour une marque française destinée à s’étendre, le territoire mérite aussi réflexion. Le dépôt auprès de l’INPI protège en France, tandis qu’une extension dans d’autres territoires suppose une démarche distincte.

Les formes de dépôt et leur portée :

  • Marque verbale : mots, lettres ou chiffres sans graphisme imposé
  • Marque figurative : logo ou représentation visuelle déposée
  • Marque semi-figurative : association d’éléments verbaux et graphiques
Forme déposée Éléments couverts Point de vigilance
Verbale Nom ou expression Distinctivité du signe
Figurative Logo ou dessin Protection liée au visuel fourni
Semi-figurative Texte et graphisme combinés Évolution éventuelle de l’identité visuelle
Sonore Signe sonore représentable Représentation conforme aux exigences applicables

Une fois le signe et son titulaire clarifiés, le choix des classes transforme le projet en périmètre juridique précis.

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Choisir les classes et déposer la demande d’enregistrement

Après les vérifications préalables, la demande d’enregistrement doit décrire précisément ce que l’entreprise souhaite protéger. Le numéro d’une classe ne suffit pas : le libellé des produits et services compte tout autant.

Adapter le choix des classes à l’activité

La classification de Nice répartit les produits et services en 45 classes, dont 34 consacrées aux produits et 11 aux services. Chaque classe supplémentaire peut augmenter le coût du dépôt, sans élargir automatiquement la protection à toute l’activité économique.

Selon l’INPI, les catégories choisies doivent correspondre aux produits et services revendiqués dans le dossier. Une entreprise de logiciel peut, selon son offre réelle, devoir examiner les classes liées aux logiciels et aux services informatiques.

Le tarif fourni pour 2026 indique 190 euros pour une première classe, puis 40 euros par classe supplémentaire. Ces montants doivent être vérifiés sur le portail officiel au moment du dépôt, car les frais peuvent évoluer.

Nombre de classes Montant indicatif
Une classe 190 euros
Deux classes 230 euros
Trois classes 270 euros
Quatre classes 310 euros

Compléter le dossier sur le portail officiel

Le dépôt se déroule en ligne et demande l’identité du déposant, la représentation du signe et la liste des produits ou services. Avant paiement, relisez chaque champ : une liste déposée peut être restreinte, mais son extension nécessite un nouveau dépôt.

Selon le Code de la propriété intellectuelle, la date de dépôt sert de référence pour les droits attachés à la demande. Conservez l’accusé de réception et le numéro national, puis surveillez le compte utilisé pour les échanges avec l’Institut.

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Les éléments à contrôler avant validation :

  • Identité exacte du titulaire et coordonnées à jour
  • Fichier correspondant au type de signe déposé
  • Libellé précis des produits et services concernés
  • Nombre de classes cohérent avec le budget prévu

Un dossier correctement défini réduit les risques d’erreur, mais la procédure continue après sa transmission à l’INPI.

Suivre la publication et maintenir la protection juridique

Une fois la demande envoyée, l’attention se déplace vers les notifications, la publication de la demande et les éventuelles oppositions. Le certificat confirme l’enregistrement, mais ne dispense pas de gérer la marque ensuite.

Surveiller l’examen et le délai d’opposition

La demande est publiée au Bulletin officiel de la propriété industrielle, puis un délai d’opposition permet aux titulaires de droits antérieurs de contester le dépôt. Les éléments fournis situent généralement cette publication autour de six semaines après la demande, avec deux mois ouverts pour former opposition.

Selon l’INPI, les notifications et délais doivent être suivis depuis le portail officiel. Une entreprise qui consulte rarement son compte peut manquer une demande de régularisation ou une échéance importante.

Le tableau ci-dessous distingue les principales étapes et les actions de suivi à prévoir :

Étape Ce qui se produit Action du déposant
Examen Contrôle de la demande et du signe Lire les notifications et répondre dans les délais
Publication Parution de la demande au BOPI Surveiller les oppositions éventuelles
Opposition Contestation par un titulaire de droits antérieurs Évaluer une réponse ou une négociation
Enregistrement Mise à disposition du certificat d’enregistrement Archiver le titre et organiser sa surveillance

Faire vivre le titre après le certificat

Le certificat d’enregistrement atteste le titre, dont la durée est de dix ans à compter du dépôt, avec possibilité de renouvellement. La protection reste liée aux produits et services déclarés, et un défaut d’usage sérieux pendant cinq années consécutives peut exposer à une déchéance.

La marque peut aussi devenir un actif commercial : une société peut autoriser son usage par licence ou en transférer la propriété. Pour préserver cette valeur, il faut garder les preuves d’exploitation et vérifier périodiquement les nouveaux dépôts susceptibles de créer une confusion.

Pour une petite entreprise, une veille simple peut déjà structurer cette vigilance :

  • Conserver le certificat et les justificatifs d’utilisation commerciale
  • Suivre les nouvelles publications de marques dans les secteurs concernés
  • Anticiper le renouvellement avant l’échéance décennale
  • Réserver le symbole d’enregistrement aux marques effectivement enregistrées

La protection juridique dépend donc autant d’un dépôt bien préparé que d’un suivi régulier. C’est cette discipline qui permet de défendre durablement le nom, le logo ou le slogan exploité.

Source : Code de la propriété intellectuelle, articles L. 711-1 et suivants ; Arrangement de Nice concernant la classification internationale des produits et des services aux fins de l’enregistrement des marques, 15 juin 1957 ; Institut national de la propriété industrielle, portail des marques.

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