Faïence de Gien ou de Quimper : les reconnaître

Gien ou Quimper ? Les deux noms résument deux traditions faïencières françaises bien distinctes, souvent confondues sur les brocantes. Quelques repères suffisent à les reconnaître, y compris sans marque au revers.
Gien : la faïence fine et le décor imprimé
Née en 1821 sur les bords de Loire, la manufacture de Gien travaille une pâte blanche très fine, presque translucide sur les bords. Ses décors historiques — Rouen, Renaissance, Pivoines, Millefleurs — sont d’une régularité remarquable, car souvent obtenus par impression sur papier de report, puis rehaussés à la main. Le fond tire vers le crème, l’émail est brillant et lisse. On y trouve des services complets, des pièces de forme et beaucoup de décors floraux denses.
Quimper : la faïence peinte à main levée
La tradition quimpéroise remonte à 1690. La pâte est plus épaisse, plus jaune, l’émail légèrement irrégulier. Le décor est peint à main levée au pinceau : personnages bretons, coqs, fleurs stylisées, filets bleus ou jaunes en bordure. Chaque pièce diffère légèrement de sa voisine — c’est justement le signe de l’authenticité, pas un défaut.
Les repères concrets
- Trait régulier et répétitif, motif identique d’une assiette à l’autre → décor imprimé, plutôt Gien.
- Trait vivant, épaisseurs variables, légères asymétries → peint à la main, plutôt Quimper.
- Pâte fine et claire, tranche nette → faïence fine. Pâte jaune et épaisse → faïence traditionnelle.
- Au revers : marques HB, HR, Henriot pour Quimper ; cartouche et nom de décor pour Gien.
À retenir
Gien pour la finesse et l’unité d’un service, Quimper pour le geste et le caractère unique. Dans les deux cas, évitez le lave-vaisselle sur les pièces anciennes à décor de bordure dorée, et ne posez jamais une faïence froide sur une plaque chaude : la tressaillure de l’émail est irréversible.
